Dossier artistique

LES PARENTS TERRIBLES

Calendrier

Théâtre Hébertot
78, boulevard des Batignoles - Paris
du 22 février au 30 avril 2023
Détail du calendrier - page calendrier

Distribution

Avec
Muriel Mayette-Holtz
Charles Berling
Maria de Medeiros
Emile Berling
Lola Créton

Adaptation, mise en scène, scénographie Christophe Perton
Création sonore Emmanuel Jessua
Création lumière Eric Soyer
Vidéaste Ivan Bertin
Création costumes Agnès Falque
Collaboratrice artistique Camille Melvil
Assistante mise en scène Manuela Beltran
Régie générale Pablo Simonet
Administration de production Cendrine Forgemont

"Remerciements au Comité Jean Cocteau"
Production Scènes&Cités
Coproduction : Théâtre National de Nice CDN Nice Côte d’Azur
Radiant-Bellevue – Caluire / Lyon
Le Liberté – Scène Nationale Chateauvallon-Liberté

LES PARENTS TERRIBLES

Jean Cocteau


Mise en scène Christophe Perton

Avec

Muriel Mayette-Holtz
Charles Berling
Maria de Medeiros
Emile Berling
Lola Créton


LES PARENTS TERRIBLES

Qu’y a t’il de plus beau et de plus émouvant que d’entrevoir le dessein d’un écrivain brouillant les pistes et disparaissant au travers d’une forme pour mieux apparaître dans le fond de son écriture ? Jean Cocteau, victime de l’échec de ses pièces précédentes, isolé et raillé par son propre milieu artistique, homosexuel assumé avant l’heure, drogué maladif et solitaire, prétend en 1938 renverser la table en écrivant une pièce de boulevard pour répondre aux attentes du public populaire et faire un succès digne de ce nom.

Sauf qu’à y regarder de plus près il apparait clairement que le carburant de cette machine infernale se compose de tous les éléments qui fondent la tragédie universelle. Puisant chez les grecs, à la source du mythe originel de l’amour maternel pour le mâle nommé « fils », photographiant les vices et les aliénations qui fondent en forme de convention la famille française idéale, Cocteau dresse le terrible portrait des ravages que produit le sentiment universel de l’amour. Sans concession, sans compromis, il dissèque ces corps gangrénés, atrophiés par cette maladie qu’est l’amour.

Mais plus profondément encore, cet amour impossible d’Yvonne, femme de 45 ans pour Michel, son fils de vingt ans, se reflète aussi, sans presque aucune déformation, dans l’amour de Cocteau pour Jean Marais, l’interprète historique du personnage de Michel. Glissant tragiquement dans le costume d’Yvonne, Jean Cocteau substitue l’insuline dont le personnage est esclave, par l’opium qu’il fume lui-même sans relâche pour échapper à la solitude où l’enferme la sublime liberté avec laquelle il assume sa sexualité, ses désirs, son art et sa vie d’artiste.

Cocteau dit en substance que nous vivons dans l’ère de l’actualité, alors que la poésie est la langue de l’intemporalité, d’une vérité accouchée de la nuit par un autre « moi » plus profond, plus dangereux que nous essayons de dominer à longueur de temps. C’est « cet autre » qui fait scandale et crée le malaise dans cette pièce abyssale qui pose l’équation du chaos incarné par le désordre d’Yvonne qui à l’instar des enfants et des fous ne dissimule pas ce moi profond et les désirs terribles qui en découlent. Christophe Perton.


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